The Flaming Lips
Critique Publié le

The Flaming Lips au MTELUS | Carnaval sur l’acide

Le groupe d’Oklahoma City, The Flaming Lips, a ramené sa musique psychédélique et sa folie colorée et disjonctée à Montréal après sept ans d’absence. Un an après la sortie de l’album Oczy Mlody, le chanteur Wayne Coyne et sa bande ont sorti une compilation de plus de 60 chansons. C’est ce qu’ils ont présenté ce lundi soir : des grands classiques que les fans adorent.


Des effets éblouissants

The Flaming Lips ne fait jamais les choses à moitié : le début du spectacle se déroulait sur la grandiose chanson de Richard Strauss surtout connue pour avoir joué dans 2001, l’Odyssée de l’espace. Et les projections rappelaient aussi ce film (le bout dans le fin fond de l’espace là). Mais c’est sur l’indétrônable Race for the Prize que les membres ont mis le paquet : énorme boule disco, projections multicolores, canons de boucane et de confettis, quantité industrielle de ballons, et un gros ballon en forme de « Fuck Yeah Montreal »!

#FuckYeahMontreal #FlamingLips Et c’est juste la première toune… 😮

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Le groupe a passé la soirée à en mettre plein la vue : des mains géantes d’où sortent des rayons lasers sur la pourtant assez sobre Fight Test, des ballons gigantesques remplis de confettis sur la bonne vieille She Don’t Use Jelly, deux danseurs déguisés en globe oculaire géant sur l’entraînante The W.A.N.D. et un bain de foule de Wayne à dos de licorne illuminée sur la planante There Should Be Unicorns.

 

Un animateur de foule

Sur Yoshimi Battles the Pink Robots Pt. 1, un méchant gros robot rose (comme sur la pochette de cet album) a pris du temps à se gonfler complètement et la coordination pour chanter tous ensemble était confuse (selon Wayne en tout cas), ce qui a tué un peu l’entrain pour apprécier la pièce comme elle le mérite. Concernant l’entrain, le motivateur temporaire Wayne Coyne a insisté trop souvent pour que la foule crie plus fort, ce qui est venu naturellement un peu plus tard durant la soirée, question de se réchauffer.

Aussi, la profondeur des pièces touchantes comme Fight Test ou The Castle était parfois dissimulée et amoindrie par le surplus de distraction oculaire : un sacrifice à faire pour des spectacles toujours aussi extravagants et mémorables.

 

Des reprises et des surprises

The Flaming Lips a sorti l’artillerie lourde avec la classique des années 1990, She Don’t Use Jelly, qui a levé naturellement et durant laquelle tout le monde chantait, l’excellente A Spoonful Weighs a Ton dont le son de basse rentrait directement dans le coeur, ainsi que le morceau psychédélique Are You a Hypnotist?? sur laquelle le multi-instrumentiste génial Steven Drozd s’est temporairement remis à la batterie comme à l’origine pour drummer comme si sa vie en dépendait.

Avec des bruits plus que assourdissants bien calculés et des geysers de fumée, le groupe a aussi présenté le petit bijou intense et touchant The Captain, enregistré à l’époque de l’album The Soft Bulletin, mais sorti seulement sur la nouvelle compilation.

C’est sur la reprise de Space Oddity de Bowie, que les membres se sont appropriés à merveille, que Wayne Coyne a sorti sa célèbre bulle géante à l’intérieur de laquelle il marche sur son public. Devant un fond d’étoiles colorées, ils ont offert un bel hommage réussi et un moment attendrissant et rassembleur. En rappel, ils ont terminé la soirée tendrement avec la fameuse Do You Realize?? sous un arc-en-ciel géant gonflé.

About last night 🔥 👄

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Le groupe a mis la gomme musicalement et visuellement sur chacune des excellentes chansons choisies avec soin. Même durant un lundi soir déprimant, The Flaming Lips s’est évertué à réchauffer l’âme de ses fans pour qu’ils repartent le cœur léger et le sourire aux lèvres.

Première partie : Le Butcherettes

Connu entre autres pour avoir collaboré avec The Melvins et The Mars Volta, le groupe d’origine mexicaine Le Butcherettes a bombardé la salle de sons garage rock alternatif un peu psychédéliques. Un rock saccadé et noise qui frappait et fonctionnait beaucoup plus en spectacle que sur album.

Mais ce qui a surtout accroché, c’est la bête de scène charismatique et possédée Teri Gender Bender qui a lâché une couple de cris primaux et s’est déchaînée comme une exorcisée. Elle a en effet une grande voix forte qu’elle faisait sonner de 1000 façons et une jambe gauche particulièrement élastique.

Malgré quelques pièces plutôt ennuyantes et oubliables au milieu, comparées aux autres plus rough et saisissantes, Le Butcherettes a prouvé qu’il était bien plus qu’un groupe de première partie, notamment avec sa reprise trash de Wrecking Ball de Miley Cyrus en conclusion.

 

Liste de chansons :

  1. Also sprach Zarathustra, Op. 30 (reprise de Richard Strauss)
  2. Race for the Prize
  3. Yoshimi Battles the Pink Robots Pt. 1
  4. Fight Test
  5. The Star-Spangled Banner
  6. The Yeah Yeah Yeah Song (With All Your Power)
  7. The Castle
  8. There Should Be Unicorns
  9. She Don’t Use Jelly
  10. The Captain
  11. Space Oddity (reprise de David Bowie)
  12. Oczy Mlody
  13. How??
  14. Are You a Hypnotist??
  15. The W.A.N.D.
  16. A Spoonful Weighs a Ton

Rappel :

  1. Do You Realize??

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