The Lemon Twigs
Critique Publié le

The Lemon Twigs au Théâtre Corona | Moderniser la rock star

The Lemon Twigs est un très jeune groupe qui ne fait déjà plus les petites salles! Avec un nouvel album en poche intitulé Go to School et de nouveaux musiciens de tournée, les frères multi-instrumentistes Michael et Brian D’Addario ne sont heureusement pas retournés sur les bancs d’école, mais bien sur scène, un lieu qu’ils maîtrisent (et même dominent) aussi bien que leurs instruments.


Bêtes de scène

Depuis ce nouvel album, les D’Addario se sont dotés d’un batteur de tournée probablement pour abandonner leurs propres performances à la batterie et ainsi se concentrer à l’avant de la scène. Et, en cette soirée, le duo y arrivait assez naturellement à attirer le regard, tout particulièrement avec la désinvolture du jeune Michael qui chantait à travers un sac de plastique ou qui laissait tomber ses guitares encombrantes pour danser…

En effet, malgré la forte présence énergique du grand frère Brian vêtu comme une rock star des années 70, ce sont bel et bien les mouvements de danse extravagants de Michael qui ont volé le show. Une flexibilité à en faire des jaloux, des déchaînements de la tête aux pieds rappelant Mick Jagger, et un look androgyne sensuel rappelant David Bowie! En même temps, difficile de ne pas comparer le groupe à ses influences musicales et vestimentaires plus qu’évidentes.

Avec une musique rappelant des Beatles à Todd Rundgren, le groupe semble vivre une nostalgie d’une période que ses membres n’ont jamais vécue (c’est peut-être ça aussi le pouvoir de la musique). Mais, contrairement à certains de leurs contemporains qui semblent singer un peu trop Led Zeppelin sans y ajouter de valeur, The Lemon Twigs sait piger ses inspirations chez une variété d’artistes et élever ces influences à un niveau supérieur, ce qui produit des chansons riches, uniques et rafraîchissantes et ce qui prouve aussi un talent certain.

Jeunes virtuoses

Avec une fougue constante, les D’Addario semblaient grandement à l’aise sur scène, qui devenait leur petit terrain de jeu. Le groupe a proposé une jolie brochette de chansons efficaces, malgré un encore petit répertoire, comme avec le récent single Small Victories suivi d’un gros jam, la nouvelle ballade If You Give Enough, le ver d’oreille qui ne lasse jamais I Wanna Prove to You ou bien la très groovy Baby, Baby.

Le groupe séduisait constamment avec les constructions progressives de ses pièces qui donnaient l’impression de vivre plusieurs chansons en une seule (et tout autant d’émotions), ce qui s’entendait notamment sur These Words et surtout The Fire, l’impeccable petit bijou du dernier album qui a naturellement fait lever le party.

Que ce soit avec leurs frasques divertissantes, leurs rythmes dansants et leurs mélodies indémodables, The Lemon Twigs sait déjà très bien combiner richesse musicale et prestation mémorable.

 

Premières parties

C’est le Canadien maintenant basé à Montréal Michael Rault qui a démarré la triple programmation de la soirée seul sur scène avec une pop relax qui faisait du bien en dedans. Ses mélodies enchanteresses et ensoleillées rappelaient la pop rock des années 70 à la Big Star, groupe dont il a justement fait la reprise de Give Me Another Chance!

Jackie Cohen a suivi avec une pop rock tantôt noise, tantôt folk : un mélange charmant et entraînant, mais souvent oubliable.

Liste de chansons (Lemon Twigs)

  1. Never in My Arms, Always in My Heart
  2. Foolin’ Around
  3. Small Victories
  4. The Student Becomes the Teacher
  5. The Lesson
  6. Lonely
  7. I Wanna Prove to You
  8. Baby, Baby
  9. Beautiful
  10. These Words
  11. Home of a Heart
  12. The Fire

Rappel :

  1. As Long as We’re Together
  2. If You Give Enough

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