The National
Critique Publié le

The National au MTELUS | À la hauteur des attentes

Dans le cadre de la tournée qui suit la sortie de leur septième album « Sleep Well Beast », The National fait escale deux soirées de suite au MTELUS. Captivant à l’image de son chanteur tourmenté Matt Berninger, le groupe new-yorkais a conquis une salle pleine.  Retour sur le premier de ces concerts.


 

Première partie : This Is The Kit

Devant une salle déjà quasi pleine, les Anglais de This is the Kit ont entamé cette soirée par une prestation voluptueuse portée par la voix parfois tremblante mais si touchante de la sensible Kate Stables au chant et à la guitare.

Puis c’est avec un immense ‘’Please stand by…’’ affiché sur l’écran longitudinal en arrière scène que The National se fait attendre. Et le groupe new-yorkais sait faire monter la sauce. On voit ensuite s’afficher tel le film Paranormal Activity l’image d’une caméra de surveillance qui film un escalier. Lequel ? Celui qui mène à leur loge du MTELUS. Puis c’est à ce moment que la tête du chanteur Matt Berninger émerge, suivi des fratries Dessner et Devendorf et les autres musiciens qui entoure le quintet. Puis chacun d’eux s’installent derrière leurs instruments.

 

Réflexions sur fond de stroboscopes

Là, une atmosphère s’installe dans la salle remplie à rebord. Une base rythmique jouée étonnement par Bryce Dessner dicte cette première et douce Nobody Else Will Be There avec cette voix grave et profonde caractéristique de Matt Berninger qui retenti avant qu’elle retentisse encore plus fort sur la dynamique The System Only Dreams in Total Darkness. L’intensité est là chez Berninger mais aussi ses musiciens, Bryce Dessner distillant d’ailleurs l’un de ses nombreux et captivants solos de guitare sur cette seconde chanson. S’en suivent la mystérieuse Walk It Back et l’intense Guilty Party où Berninger témoigne dans son interprétation totale toute cette réflexivité qui accompagne les titres de The National. Quelques touches de cuivres enveloppe un nouveau solo dantesque où se joignent batterie surpuissance de Bryan Devendorf et stroboscopes lumineux turquoise et rose du plus bel effet.

La mise en scène des lumières et de la vidéo sera d’ailleurs l’une des clés de la réussite de ce concert puisque les effets psychédéliques comme sur Don’t Swallow the Cap ou les flashs lumineux comme sur Afraid of Everyone intensifieront les sonorités mais aussi les paroles profondes du groupe, comme si ces effets reflétaient finalement l’esprit des chansons. Mais cette intensité visuelle se calmera en même temps que la musique le fera sur la profonde I Need My Girl. Le public embarque tout comme Berninger, possédé comme jamais sur Conversation 16 ou Graceless lorsqu’il grimpe sur le drum de son ami Bryan Devendorf, excellent ce soir là.

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Matt Berninger… et surtout les autres

Il n’empêche que Berninger, lorsqu’il ne chante pas, se met volontiers en retrait et offre une plage d’expressions à ses musiciens qui l’accompagnent. Bryan Devendorf d’abord lorsque son introduction sur I’ll Still Destroy You embrase la salle. Mais aussi Bryce Dessner qui s’imposera (souvent) comme le moteur musical de The National. Mais c’est surtout lorsqu’est mise en lumière la synergie qui se dégage entre Bryan et son frère Aaron Dessner que la musicalité parfois évasive de The National prend du sens. Cette synergie détonne notamment sur Santa Clara, Day I Die, Fake Empire et About Today lorsque les deux frères se répondent dans des improvisations captivantes. Tout cela évidemment avant un rappel de quatre titres encore après une heure quarante-cinq de spectacle. À en faire saliver définitivement toute une foule du MTELUS qui n’a que d’yeux pour le collectif new-yorkais impeccable ce soir.

C’est donc l’apaisante Pink Rabbits et ses superbes cuivres en accompagnement qui ouvre cette phase de clôture où s’enchaîneront par Mr. November, la très rock Terrible Love sous stroboscope (encore!) bleu et enfin Dark Side of The Gym/Memories. Une très belle fin qui ne se conclue pas dans l’ombre mais dans la lumière d’un groupe qui aura tout donné pour son public dans un concert généreux. Classe.

 

 

Liste des chansons

  1. Nobody Else Will Be There
  2. The System Only Dreams in Total Darkness
  3. Walk It Back
  4. Guilty Party
  5. Don’t Swallow the Cap
  6. Afraid of Everyone
  7. Born to Beg
  8. I Need My Girl
  9. Santa Clara
  10. Secret Meeting
  11. Conversation 16
  12. I’ll Still Destroy You
  13. Turtleneck
  14. Slow Show
  15. Graceless
  16. Carin at the Liquor Store
  17. Day I Die
  18. Fake Empire
  19. About Today
  20. Pink Rabbits
  21. Mr. November
  22. Terrible Love
  23. Dark Side of The Gym
  24. Memories

Événements à venir

  • dimanche Osheaga

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    Jour 3 | Florence + The Machine, The National, Post Malone, James Bay, Franz Ferdinand

    Lieu : Parc Jean-Drapeau

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