Uada
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Uada (et autres) au Piranha Bar | Reprise (réussie) de la Messe Des Morts

Ce samedi 18 mars, les organisateurs de la Messe des Morts réussissaient l’exploit de reprogrammer à Montréal certains des groupes annulés suite aux événements de novembre dernier. Une soirée à guichet fermé, à dominante métal noir québécois, et conclue en force par la horde masquée Uada, malgré un son approximatif.


Ossuaire

Le groupe de Montréal avait la dure tâche de briser la glace avec son baptême du feu puisque c’était la première prestation du groupe. Et ils s’en sont sorti avec les honneurs, montrant déjà une certaine expérience (le groupe comporte des membres de Black Scorn). Malgré une basse un peu forte en début de concert, le son s’est ajusté, permettant d’apprécier leurs compositions en français.

Les derniers morceaux sortent du lot, avec une pièce mid-tempo, pesante et écrasante à souhait, pour revenir ensuite vers un black metal dans une veine plus primitive et basique. Ossuaire ne réinvente pas la roue, mais fait définitivement tourner celle du métal noir québécois.

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Sangus

Le groupe du Rhode Island se donne à fond malgré un son exécrable qui ne les met pas en valeur. Dommage, car leur vibe crust/punk fait du bien dans la soirée. Avec un côté thrash et des solos d’inspiration Slayerienne, Sangus veut tout détruire sur son passage, et le public l’a compris puisque le pit explose dans un des thrash les plus violents de la soirée. Le son ne rend pas justice à leur énergie, mais les Américains donnent tout ce qu’ils ont, heureux d’avoir pu revenir à Montréal.

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Neige Eternelle

Habitué de la Messe des Morts, le groupe de la Côte Nord est en terrain conquis. Le niveau de présence scénique est relevé avec Neige Eternelle et sa haine éternelle de Montréal, qui en font un acte punk et drôle. Même si c’est du sérieux côté musique, puisque mine de rien l’expérience parle et les pièces comme l’Appel De La Mort sont toujours aussi efficaces.

Panache d’orignal sur la batterie, le quatuor présente un nouveau morceau, visiblement pas très au point, mais peu importe, un autre « Allez chier Montréal » fera l’affaire pour les paroles. Fier Patriote et Les Jours s’avancent resteront les points forts, même si leurs riffs se répètent un peu.

Mention spéciale au son de guitare plus efficace et rock’n’roll, meilleur que les groupes précédents, avec le choix surprenant mais judicieux d’une guitare de type plus jazz.

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Délétère

Très attendu, le groupe de Québec est de retour cette année avec un nouvel EP, Per Aspera Ad Pestilentiam. Visages peints en noir, Délétère réussi l’exercice plutôt difficile de jouer un black metal assez cru et froid mais avec des séquences. Celles-ci s’avèrent efficaces pour amener une autre dimension à leur musique, que ce soit au niveau des chœurs, des ambiances, ou d’un genre d’un vieux clavier aux résonances burzumiesques.

La salle est remplie et les poings sont dans les airs. Menés par un chanteur avec une puissance vocale remarquable, Délétère livre une excellente prestation, et se démarque avec un certain talent pour des riffs glacés et prenants, envoûtants.

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Uada

Tout juste revenus d’une tournée européenne, le groupe de la côte Ouest était enfin de retour pour son premier show au Québec. Et encore une fois quel dommage de les voir dans une petite salle de béton au plafond très bas, quand on pense qu’on aurait pu les voir sur la majestueuse scène du Théâtre Plaza…

Qu’importe, Uada est là pour tout donner, et semble possédé dès la première note. Ils nous gratifient d’un nouveau morceau en début de concert, extrait de leur deuxième album qui devrait sortir cette année. Ils enchaînent avec Natus Eclipsim et ce superbe riff mélodique qu’on a malheureusement du mal à distinguer. Le son est cette fois un peu trop fort, et sans connaître les morceaux, on se perd vite dans les fréquences saturées.

L’apparence scénique ajoute à leur côté mystérieux, avec des lumières blanches au sol presque aveuglantes, empêchant de voir leurs visages, cachés sous leurs capuches de prêtres occultes. Les morceaux de l’album Devoid of Light sont épiques en live, notamment les passages harmonisés, qui ne sont pas sans rappeler Dissection.

Uada domine son élément malgré le son avec une maîtrise instrumentale remarquable, et les variations de voix de Jake, qui utilise le chant comme un instrument à part entière. Un excellent groupe, qu’on a hâte de revoir sur une plus grosse scène.

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Grille de chansons

  1. (nouvelle chanson)
  2. Natus Eclipsm
  3. Devoid of Light
  4. S.N.M
  5. (nouvelle chanson)
  6. Black Autumn, White Spring

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