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Valence et Le Roi Angus au Quai des Brumes | Une tournée commune qui commence bien

En guise d’amuse-bouche avant une fin de semaine rythmée notamment par le festival OUMF, le Quai des Brumes invitait l’équipe d’Ambiance Ambigües à programmer une soirée particulièrement soyeuse devant un public venu en nombre acclamer trois formations, dont une provenant de l’étranger.

En effet, c’est dans le cadre de la « petite tournée » du Québec initiée par Valence que les talentueux suisses du Roi Angus sont venus jouer sur la petite scène du bar niché au cœur du Plateau-Mont-Royal. Poursuivant la prestation intrigante de Duu, un duo complémentaire qui est à suivre de près, le quintette originaire de Genève a présenté sur scène des sonorités surf qui transportent rapidement le spectateur vers une Californie ensoleillée… ou presque.

Le rock du Roi Angus séduit les Québécois

Jouant sur un antagonisme intéressant qui a éveillé la curiosité du FME en les programmant en ouverture du spectacle des Sœurs Boulay (drôle d’idée d’ailleurs), Le Roi Angus s’est fait connaître en Europe grâce à son subtil mélange de la langue française ancrée dans la culture musicale américaine.

Le groupe aux deux albums, à savoir Iles Essentiel (2015) et Est-ce que tu vois le tigre? (2018), aura su capter le public au Quai des Brumes en jouant, avec grande qualité, des nouvelles chansons et quelques morceaux de son répertoire, bien qu’il manquait Brisbane Epidermique ou La Wax pour dynamiser une setlist sans trop de surprises.

Derrière les effluves psychédéliques des guitaristes Raphaël Tuti et Léonard Persoz, les parties instrumentales sont quant à elles exquises. Elles offrent tantôt des séquences puissantes où l’improvisation est reine, tantôt un jeu plus millimétré orchestré par le batteur Augustin von Arx et qui cherche souvent à mettre en avant le chanteur, Casimir Admonk.

Au cœur de la riche poésie contée devant ses quatre musiciens, le Genevois laisse transparaître un subtil timbre, léger d’ailleurs, qui manque parfois de consistance. Au bénéfice du doute d’une scène étroite et du stress face à un public peu familier, la mise en scène du leader vocal aura été quelques fois désordonnée, laissant au public québécois l’impression d’un « non-contrôle » qui contrastait avec l’assurance de Vincent Dufour, l’auteur-compositeur-interprète derrière le projet Valence.

Ce qui n’enlève en rien la belle performance du groupe suisse, acclamations à la clé.

Valence prend son envol

En raison du retard accumulé durant la soirée, le dernier show démarre tardivement. Il est 23h passée et, en toute logique, une partie du public a commencé à déserté la place. Une fâcheuse tendance, dommageable pour l’artiste, qui se répète depuis longtemps dans plusieurs bars montréalais qui ne saisissent visiblement pas le fait que OUI, des gens viennent volontiers voir des spectacles en semaine mais NON, ils ne peuvent pas veiller tard puisqu’ils travaillent probablement tôt le lendemain. D’autant plus que certains ont manqué la prestation aboutie de Valence.

Dommage pour eux car l’artiste de Québec offre une captivante « art-pop maximaliste » comme annoncée dans sa biographie et découverte récemment sur un premier EP, Cristobal Cartel, qui sera d’ailleurs joué sur scène. Sa musique épurée se couple à un jeu scénique enivrant qui se manifeste jusqu’à la complicité des cinq musiciens entourant le guitariste-chanteur.

Ensemble, les membres de la formation québécoise entament des phases de solos au saxophone ou à la flute traversière qui envoient, sans équivoque, le public dans une transe épique. Ils offrent des interprétations fidèles au réussi premier disque de paru au début de l’été tout en s’aventurant dans une reprise intéressante de Le temps est bon, une chanson de 1970 interprétée par la Québécoise Isabelle Pierre et ressuscité dernièrement par le groupe français Bon Entendeur.

Après le spectacle, le bassiste Alexis Taillon-Pellerin confiera à Sors-tu.ca que Valence cherche constamment à surprendre son public. Et c’est ce qu’il aura fait ce soir au Quai des Brumes, avec panache !

 

Les deux talentueuses formations sont d’ailleurs à revoir dans la province québécoise, dès ce soir avec une date à Rivière-du-Loup au Rainbow Submarine, puis le 6 septembre au Maelstrom Saint-Roch de Québec et le 7 septembre à Trois-Rivières au Café-Bar Zénob.

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