Van Morrison
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Van Morrison – Keep Me Singing (****) | Toujours la même formule, et on en redemande!

Van Morrison - Keep Me Singing Van Morrison Keep Me Singing

Il y a belle lurette que Van Morrison a cessé de faire avancer les choses, musicalement parlant. Son jazz feutré est devenu au fil des décennies très familier, voire pépère. Sauf qu’écouter un nouvel album de Van Morrison, comme Keep Me Singing qu’il lance cette semaine, c’est l’équivalent de mettre des pantoufles confortables et de siroter un chocolat chaud. Et il n’y a absolument rien de mal à ça!

Quatre ans se sont écoulés depuis son dernier album de compositions originales, l’excellent Born To Sing : No Plan B, mais le Belfastois de 71 ans ne montre aucun signe de fatigue vocale ou d’inspiration. Sa musique ne repousse pas les limites du jazz, elle ne réécrit pas les règles du genre, mais on la retrouve avec énormément de bonheur.

À l’instar de Paul Simon, dont la voix n’a pratiquement pas changé en plus de cinq décennies, Van Morrison n’a pas perdu sa capacité à émouvoir, et ce son particulier qui sort de sa gorge, qui n’a rien d’un chant classique, est indéniablement sien et totalement unique.

Pour tout amateur de la musique du chanteur, les sons sont familiers tout au long du disque : la section de cuivres, les voix féminines, l’orgue, l’harmonica, et la délicate batterie.

Si les premières pièces de l’album (Let It Rhyme, Every Time I See A River) ont un petit quelque chose de nonchalant, le septuagénaire nous garde de jolies surprises pour la suite. Holy Guardian Angel, en particulier, a tout d’une grande chanson de Van Morrison, avec son refrain accrocheur, ses chœurs, et une section d’instruments à corde qui vient rehausser les émotions exprimées par le chanteur. De jolis solos de piano et de guitare acoustique agrémentent également la chanson, que l’on écoute et réécoute avec plaisir.

C’est à un jazz feutré qu’on a principalement droit, mais Van Morrison donne également dans le blues, avec des titres comme The Pen Is Mightier Than The Sword, qui va puiser aussi dans la musique gospel.

Sur Look Beyond The Hill, Morrison va chercher son Cab Calloway intérieur pour deux minutes et demie de swing décontracté. Sur Going Down To Bangor, c’est l’harmonica et la guitare électrique qui prenne les devants, dans un blues rythmé où, une fois de plus, Morrison prouve qu’il n’a rien perdu au niveau du chant.


Si de nos jours l’industrie de la musique fonctionnait encore tel qu’il y a vingt ou trente ans, Too Late aurait pu être un grand succès radiophonique pour Morrison. La chanson n’a rien à envier à plusieurs des grands hits du chanteur, avec son tempo entrainant et ses chœurs masculins, ceux-ci constitués de grosses voix basses et ronflantes, un ajout particulièrement intéressant à la chanson.

Une seule reprise s’immisce sur le disque, Share Your Love With Me, à laquelle l’orgue confère un petit côté Booker T. and the Mg’s., et où Morrison utilise de manière très efficace l’aspect plus guttural de sa voix.

Le tout se termine sur un sympathique instrumental, Caledonia Swing, sur lequel Morrison joue du piano et du saxophone, et qui résume bien l’esprit léger et relativement enjoué – ou du moins détendu – de cet album.

Keep me Singing est le 36ième album studio de la longue discographie de Van Morrison. L’un de ceux qui ne font que répéter sa formule gagnante sans bousculer quoi que ce soit. Mais difficile de reprocher ceci au chanteur quand la formule fonctionne encore aussi bien. Et des albums comme celui-ci, on en prendra aussi longtemps qu’il sera capable d’en produire. Car Van Morrison n’a absolument rien perdu de son talent, de son charme, de sa voix. Réjouissons-nous du fait que le vétéran soit encore inspiré et capable d’offrir d’aussi bons disques.

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