VioleTT Pi
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VioleTT Pi au Verre Bouteille | La chaise (pas du tout) épeurante

VioleTT Pi au Verre Bouteille. Quand on y pense, il manque un pont entre ces deux univers, le Verre Bouteille étant un temple de la chanson pas souvent ouvert aux musiques bruyantes, et VioleTT Pi étant un projet de musique passablement bruyante par moments. L’élément clé pour que ça fonctionne, c’est la chaise. La chaise épeurante.


C’est ainsi qu’on nous le présentait. « La chaise épeurante », comme un mauvais film d’horreur où un siège prendrait vie et dévorerait le cul de la personne assise dessus. (Remarquez qu’avec l’imaginaire sans borne de VioleTT Pi, ça aurait quasiment pu être ça…)

Non, en fait, c’était un dimanche soir, au Verre Bouteille, avec VioleTT Pi, le quatuor au complet, unploye. Remplacez les guitares électriques par des guitares acoustiques. Voilà. Un show assis. D’où la chaise qui fait peur. Parce que d’habitude, c’est debout que ça se vit, un show de VioleTT Pi. Ça se rentre dedans à qui mieux mieux, joyeusement entraînés par l’énergie brute et déglinguée du band. L’idée de s’asseoir et d’écouter les chansons plutôt que de les vivre était visiblement source d’effroi. (Pas pour nous en tout cas).

Pour bien des projets, l’exercice acoustique ne fait qu’adoucir joliment les chansons. Pour VioleTT Pi, c’est une autre paire de manches. Les chansons du projet sont dotées d’arrangements biscornus, d’excentricité et d’imprévisibilité. Les instruments électriques contribuent beaucoup aux nombreuses ruptures de ton qui caractérisent la folie VioleTTesque.

Alors il reste quoi quand on débranche les pédales, et qu’on sort les guitares sèches ?

Il reste des compositions étonnantes lorsque dévêtues.

Il reste la poésie de Karl Gagnon, et sa maîtrise convaincante de son chant si particulier, qui navigue les octaves au gré des mélodies obliques.

Il reste un duo de guitares hors gamme sur Héroïne.

Il reste l’énergie punk toujours intacte de Calude Gravol.

Il reste la cruelle beauté de Labyrinthite en duo avec « la coloc » Klô Pelgag, qui traînait justement par là.

Il reste le groove subtil de Marie Curie et sa finale qui défie la logique tonale.

Il reste surtout l’amour inconditionnel de son public pour les Princesse Carnivore, Biscuit Chinois, Bulbe, Fleur de Londres et Violette en toute fin de prestation.

Ça donne, au final, un résultat qui se rapprocherait d’un MTV Unplugged de Mindless Self Indulgence en français. Quelque chose du genre.

Un spectacle acoustique intègre de VioleTT Pi, qui était présenté en exclusivité au Verre Bouteille. Mais on croit comprendre que le concept pourrait être repris… FrancoFolies peut-être ?  On verra bien… Ce serait certainement une bonne idée.

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Grille de chansons

  1. Hors de la portée des humains
  2. Feu de plastique
  3. Singe de ville
  4. Héroïne
  5. Mémoire
  6. Les Huîtres de Julie Payette
  7. Calude Gravol
  8. Princesse Carnivore
  9. USB

Entracte

  1. Biscuit Chinois
  2. Annie (nouvelle chanson)
  3. Labyrinthite (avec Klô Pelgag)
  4. Fleur de Londres
  5. Marie Curie
  6. La pluie du dragon
  7. Jeffrey Dahmer au musée d’art contemporain
  8. Bulbe
  9. Bondage
  10. Six perroquets dans un tiroir en bois
  11. Violette

 

Rappel ?

Rappel !

Non pas de rappel finalement.

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