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Vive Montréal aux Francos | Une célébration à la hauteur

Les festivités commençaient en milieu d’après-midi et se poursuivaient jusqu’à minuit pour souligner le 375e anniversaire de la métropole. Se sont enchaînés Philippe Brach, Tiken Jah Fakoly, Louve, IAM et Les Cowboys Fringants, et jamais la foule ne s’est essoufflée.

Encore une fois, Météomédia se faisait difficile avec des avertissements d’orages violents, cette fois-ci. Heureusement, le tonnerre n’a pas grondé, mais ce n’est pas la pluie qui manquait. Ça n’a pourtant pas gêné la foule qui l’a accueilli à bras ouverts durant l’après-midi bouillant et qui l’a bien toléré en soirée.

Le taureau de Philippe Brach

Philippe Brach avait la lourde tâche de lancer les festivités, présentées en direct à la télévision de Radio-Canada, sous quelques goûtes de pluie rafraîchissantes. Connaissant l’irrévérence habituelle de Brach, c’était un peu surprenant qu’on l’ait placé à la tête du rendez-vous plutôt familial.

Sur scène, on pouvait voir un drapeau à l’image de Denis Coderre dans le style « Hope » de Barack Obama. Philippe Brach, lui, portait un habit aux couleurs de la ville avec l’effigie de Montréal au dos. Après tout, le spectacle s’appelait Ma ville, mon ange.

Il nous a offert des speechs rédigés sur des cartons qui rendaient le spectacle bien rythmé, mais un peu moins naturel. Alors qu’il nous offrait un discours sur le fameux rodéo de Montréal, le drapeau de Denis Coderre a été retiré pour dévoiler un taureau mécanique qui y était dissimulé. Philippe Brach l’a enfourché et nous a chanté Dans ma tête, qui nous semblait tout à fait à propos.

Quand les premières notes de Si proche et si loin à la fois ont été jouées, on s’attendait à voir Klô Pelgag débarquer, elle qui était de la distribution du spectacle de Louve plus tard. Eh non. En fait, les seuls invités que Brach a reçu étaient les gars d’Alaclair Ensemble qui nous ont offert une version presque solide de Ça que c’tait... Philippe Brach ne s’est pas joint à eux, il a choisi plutôt de remonter sur le taureau.

Il faut dire que le répertoire de Philippe Brach n’est pas nécessairement approprié pour un événement familial, ce qui rendait la chose d’autant plus divertissante. Il ne s’est pas gêné d’interpréter sa chanson sur l’alcoolique Gaston, son morceau Alice qui parle d’avortement, ou celle de sevrage D’amour, de booze, de pot pis de topes. L’artiste est suffisamment établi et adoré pour qu’on lui fasse confiance de faire à peu près n’importe quoi. En tout cas, il a du culot, ce Brach!

Quitter Montréal avec Tiken Jah Fakoly

Bien que c’était une journée pour célébrer Montréal, quand Tiken Jah Fakoly est de la partie, on est assuré de voyager. Surtout avec les 30 degrés ressentis à la Scène Ford, la foule n’était plus à Montréal, mais bien dans l’Afrique natale de Fakoly.

Sous les paroles engagées de l’Ivoirien, il y avait un sentiment de communion à travers la foule multiethnique. Les gens chantaient en choeur, se prenaient par les épaules et se partageaient les occasionnels joints qui se promenaient. D’ailleurs, cette odeur « festive » planait pas mal à travers la foule, encore une fois très familiale…

Tiken Jah Fakoly semblait ravi de l’écho du public sur les morceaux Le prix du paradis et Plus rien ne m’étonne. Mais le climax de l’heure accordée à Fakoly est lorsqu’il a repris Get Up, Stand Up de Bob Marley. Personne n’a pu résister de danser malgré la chaleur étouffante et de hurler les paroles rassembleuses.

Louve: Toutes en harmonie

S’ensuivait le houseband féminin Louve sur la Scène Bell. Le groupe formé d’Ariane Moffatt, Amylie, Marie-Pierre Arthur, Laurence Lafond-Beaulne et Salomé Leclerc s’est très bien entouré d’autres artistes québécoises. L’idée d’un spectacle entièrement féminin est géniale, mais le rendu n’était peut-être pas tout à fait solide.

Chaque femme se voyait offerte une chanson durant l’heure du spectacle, en commençant par Amylie et son succès Les Filles. Entre les morceaux, les seules interventions étaient les présentations des artistes suivantes. Il y avait quelque chose de froid et de maladroit qui aurait pu se réchauffer si on y avait mis plus de temps auparavant.

On sentait quand même une admiration entre elles et une belle collaboration sur les morceaux. Le houseband se joignait pour des harmonies vocales fabuleuses aux invités Klô Pelgag, Laurence Nerbonne, Jenny Salgado, Frannie Holder, Les Hay Babies, Mara Tremblay et Safia Nolin.

Les Louves se sont payé des « trips » en interprétant entre autres le morceau classique de Madonna, Material Girls, chanté pour l’occasion par Laurence Lafond-Beaulne et Frannie Holder. Un peu plus tard, on assistait à une réappropriation du morceau La vie est laide de Jean Leloup (concept!) où toutes les voix sur scène se sont prêtées.

Le spectacle s’est clos sur le morceau Tout arrive que Les Soeurs Boulay sont venues nous chanter, appuyées par les autres fabuleuses femmes sur scène. Ariane Moffatt nous a lancé en partant un « À l’année prochaine! » ce à quoi on répond « Avec plaisir! ».

Foule compacte pour IAM

Le moment que la foule attendait depuis le début des festivités était sans l’ombre d’un doute la venue du groupe marseillais IAM. Comme de fait, la grosseur de la foule atteignait des nombres records. À la hauteur du passage de Stevie Wonder, disait-on.

L’événement était peut-être pour célébrer l’anniversaire de Montréal, mais le public était là plutôt pour célébrer les vingt ans de l’album phare du hip hop français L’école du micro d’argent de la bande d’IAM. Rapidement la foule s’est mis à sauter, à crier les paroles et l’ambiance était hallucinante.

Pour les moins connaisseurs, on arrivait facilement à reconnaître des chansons, comme Nés sous la même étoile ou encore La saga, ce qui permettait à tous d’y trouver un petit quelque chose. Bien qu’ils ne soient pas chargés de clore la soirée, IAM nous a offert le point culminant de la soirée. Un moment qui restera longtemps dans les anales.

Braver la pluie avec Les Cowboys Fringants

Ce n’était pas l’énergie qui manquait pour Les Cowboys Fringants en fin de soirée! C’est immanquable: quand Les Cowboys Fringants prennent la scène, l’esprit est à la fête. Bien qu’ils aient goûté à la pluie et pas à peu près, la bande a réussi à garder sa foule bien dansante et chantante, ne perdant pas trop de joueurs au parcours.

C’était un autre événement spécial à souligner puisqu’il s’agissait du premier concert des Cowboys aux Francofolies depuis 14 ans. Le monde était visiblement content de les retrouver, bien qu’ils n’aient pas été bien loin dans les dernières années. On avait plus l’impression de ressentir une espèce de victoire de les revoir sur la Scène Bell.

On a eu droit aux meilleures des Cowboys Fringants, avec un moment particulièrement touchant sur la très adorée Les étoiles filantes où des milliers de lumières de cellulaires se sont illuminées. Quand le morceau est sorti en 2004, il n’y avait certainement pas cette mer de flashlights. C’était plutôt des milliers de briquets. Comme quoi le morceau a toujours le même effet sur le public québécois.

La soirée s’est terminée avec le morceau Le shack à Hector qui bouclait bien la boucle de ces neuf heures de spectacle bien investies.

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