Bonobo
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Wanderlust 2017 | Merveilles vibratoires

Du 24 au 27 août derniers, le village piétonnier du Mont-Tremblant fut envahi par une armée pacifique de yogis bardés de leur tapis. Le festival Wanderlust a rassemblé des passionnés (surtout de la gent féminine!) du mieux-être. Mais s’il vous plaît, allons au delà des clichés peace and love, hippies, granolas, et gourous spirituels… Les yogis sont plus que des amateurs de patchouli vêtus de « petits leggings ». Au coeur du festival Wanderlust se trouve le désir d’unir les arts au mouvement, et en particulier la musique au yoga.


En plus de la grande diversité de cours offerts, une sélection éclectique de musiciens a augmenté le taux vibratoire de plusieurs décibels! Des ateliers et des conférences (photographie, écriture, mandalas, alimentation, sexualité, psychologie…), de même que différents sports et randonnées, avaient également lieu. Que d’apprentissages et de découvertes!

Retour sur les principaux événements musicaux et marquants de cette longue fin de semaine, où les chakras se sont ouverts et les énergies ont été bien canalisées, dans un contexte actuel et frais.

Vibrations éclectiques

Le jeudi 24 août, après un rapide mot de bienvenue de la part des organisateurs et une (trop!) courte performance de l’artiste de spoken word Max Stossel, les festivités musicales ont commencé. Plusieurs yogis étaient réunis autour d’un feu de camp, baignant dans l’odeur du bois qui brûle et de la citronnelle. Ron Artis II et Iemanjo ont jammé, avec respectivement une guitare acoustique et un ukulélé. Ils ont joué différentes reprises, permettant ainsi à des gens d’improviser avec eux. Se sont ajoutés : un autre guitariste, un percussionniste, ainsi qu’un violoniste virtuose du nom d’Alexis. Cette soirée d’accueil a réchauffé la soirée d’automne précoce!

The London Souls | Wanderlust

The London Souls | Wanderlust

Vendredi soir, 25 août, sur la scène principale, The London Souls et Con Brio ont joué devant une foule pour le moins amorphe. London Souls, duo énergique de rock moderne, a ouvert le spectacle de façon désinvolte et corrosive. Le chanteur, réincarnation de Lenny Kravitz, a livré une excellente prestation. La performance est très loud ; le larsen a heurté les pauvres oreilles du public, constitué surtout de familles, la scène principale étant dans le village piétonnier. Elles se les couvrent en passant rapidement, pour aller rejoindre un espace-temps moins violent… Cependant, les amateurs hochent de la tête aux rythmes lourds (un peu répétitifs…), livrés par le batteur sans faille.

Con Brio, de San Francisco, comprenant sept musiciens bien accoutrés en noir et rouge, présentent ensuite leur funk/psychédélique. Ils ont livré une performance unique et vigoureuse… Un claviériste aussi mince que son clavier, un chanteur (et excellent danseur!) ressemblant à un Bruno Mars mais en plus trash, un guitariste qui joue pieds nus (malgré toutes ses pédales d’effets) et un saxophoniste qui utilise une pédale de wah-wah… Le public est très peu nombreux sur le parterre, ce qui est vraiment décevant pour tout le talent et les moyens déployés!

Grandiose Bonobo

Dans la journée du samedi 26 août, il y a eu de nombreuses performances musicales à divers moments. Fabiano do Nascimento a accompagné le doux petit matin, au café True North, en interprétant des compositions originales, chaleureuses, sur une guitare acoustique brésilienne à huit cordes. L’utilisation judicieuse d’un looper a rendu sa performance plus charnue. Par ailleurs, sur une petite scène appelée la Rue Bohème, le groupe The Cecils a agrémenté l’après-midi des promeneurs du village piétonnier, de par leur blues/country, avec notamment une guitare «lap steel».

Le spectacle le plus attendu est celui du samedi soir, avec Bonobo en tête d’affiche. Dans l’air froid de cette nuit de fin d’août flotte un étrange mélange de vin rouge, de beurre de karité et d’huile essentielle d’oranges…

Bonobo | Wanderlust

Ron Artis II, accompagné de ses musiciens (The Truth), a ouvert le spectacle, avec son soul/blues envoûtant et sensuel. L’auteur-compositeur-interprète indépendant d’Hawaii a bien réchauffé les yogis, qui dansent si librement. Arrive ensuite sur scène le grand et magistral Bonobo. Il est accompagné de quatre musiciens, qui changent de rôles tout au long du spectacle : un saxophoniste (qui utilise parfois une clarinette, un clavier ou une flûte traversière), un guitariste qui devient parfois bassiste, ainsi qu’un claviériste, et la chanteuse Andreya Triana – d’une technique impressionnante et infaillible.

Bonobo frappe énergiquement sur ses pads électroniques avec une baguette de batterie, tel un réel chef d’orchestre. Il alterne parfois avec la basse, démontant son affection pour les « vrais » instruments. Par moments, il effleure ses pads doucement, saupoudrant la nuit de sa magie immense. Il s’adresse brièvement au public entre quelques chansons pour le remercier et présenter la chanteuse. Il a présenté une vingtaine de pièces, devant un public qui a réclamé un rappel – qui ne s’est pas réalisé. Mais tout de même… quel beau moment offert aux festivaliers et aux visiteurs de Mont-Trembant!

De tous les horizons

Le dimanche 27 août est un jour de repos mérité, après tant d’activités… Lors d’une méditation matinale avec Natalie Kalon, Ida Jo a donné une performance très émotionnelle, avec sa voix cristalline et son violon, accompagnée d’un guitariste.

D’ailleurs, de nombreux DJ (DJ Seriousblack, DJ TAZ RASHID, Jesse Blake, Sol Rising, et Zack Darling)  ont enjolivé le festival de leur beats introspectifs ou énergiques. Que ce soit au Kula Market (où on est quelque peu remémoré que le yoga aussi est un commerce), ou durant plusieurs cours, on apprécie l’emphase mise sur l’importance de la musique.

À noter : DJ Sol Rising, durant un cours de yoga sous les black lights, a fait danser les participants avec de l’électro! De la musique traditionnelle hindoue était aussi mise de l’avant dans les cours, avec de la magnifique sitare. À noter, dans un cours de Kundalini Yoga, le professeur Amandeep Sigh a fait écouter un enregistrement quasi-spatial : le son qui règne dans les Himalayas… Émerveillement total.

Yoga sous les « black lights »! Yoga sous les « black lights »!

Un festival réglé au quart de tour!

Le Wanderlust était très bien organisé, et l’équipe était aimable et bien dispersée sur le site. À noter que le pacing pourrait être un peu plus espacé, afin de laisser plus de temps pour se rendre d’une activité à l’autre, les emplacements étant parfois loin entre eux. On comprend toutefois qu’il faut bel et bien boucler tout ce beau monde, en peu de temps! Le festival ayant pris un virage écologique cette année, l’application créée expressément pour le festival était mise de l’avant. Il fallait réserver des jours, voir des semaines à l’avance les activités ; s’y présenter à l’improviste ne garantissait pas une place.

Nouvelle mentalité

Bref… Les festivals peuvent avoir la réputation de célébrer l’abus de substances et la glorification des dépendances, mais ici, on est loin de tout cela ; le Wanderlust promeut le mieux-être à travers sa programmation « santé », tant pour le corps que pour l’esprit. Un univers à la fois spirituel et festif, où chaque yogi est revenu revigoré, plein d’énergie, nourri de façon globale, par ces enseignements datant de plus de trois mille ans. Célébrés de façon moderne, avec une rare vitalité…

Vraiment, le nom du festival est à prendre au pied de la lettre : vagabondages et désir!

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