Yngwie Malmsteen
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Yngwie Malmsteen au Corona : hydre néoclassique à 56 têtes

Légende vivante en pleine forme, le six-cordiste virtuose Yngwie Malmsteen a envoyé ses arpèges de l’enfer et autres gammes à grande vitesse dans un Théâtre Corona bien rempli et conquis.

A 53 ans, le Suédois est en forme et déborde encore d’énergie, déboulant sur scène avec le classique Rising Force. C’est parti pour une heure et demie de tricotage néoclassique.

Le décor est impressionnant, ou quand Yngwie Malmsteen réinvente le concept du mur d’ampli avec pas moins de 56 têtes d’ampli Marshall. Même si seulement cinq sont allumées. Juste parce qu’il peut. Juste parce qu’il est un pionnier, une légende, une influence pour un grand nombre de guitaristes metal contemporains, mais aussi de plusieurs groupes de power metal.

Photo par Susan Moss.

Photo par Susan Moss.

 

Il est aussi grandiose d’admirer le virtuose en action dans le Théâtre Corona, où les décorations et peintures murales font référence à des époques où vivaient plusieurs compositeurs de classique, influences majeures du guitariste. Yngwie incarne à merveille le lien éternel entre deux genres aux apparences opposées, mais aux musicalités similaires : le heavy metal et la musique classique.

Les morceaux s’enchaînent et les mâchoires tombent à terre devant la rapidité et la dextérité du guitariste. Notamment sa capacité incroyable de faire des changements du haut au bas du manche à une vitesse presque inhumaine, tout en enchaînant des prouesses techniques.

Photo par Susan Moss.

Photo par Susan Moss.

 

Et son groupe ?

Malheureusement, pas de chanteur sur cette tournée, alors que Yngwie s’entoure souvent bien à ce niveau (Joe Lynn Turner, Jeff Scott Soto, Mark Boals). C’est le bassiste Ralph Ciavolino qui se charge du chant, et il s’en sort vraiment très bien. Et finalement, c’est la formule idéale, parce qu’un chanteur seul, il passerait la moitié du show à rien faire. Yngwie chante aussi certaines chansons, ainsi que le claviériste, et ça donne de belles harmonies comme sur l’épique Seven Signs repris en chœur par le public.

Photo par Susan Moss.

Photo par Susan Moss.

Bête de scène

Faire tourner la guitare par-dessus l’épaule et la rattraper, champion du lancer de Fender, coups de pied haut en l’air, jeu avec les dents, tout en envoyant 5 médiators par minute dans le public : Yngwie Malmsteen donne également un spectacle visuel hallucinant. Mention spéciale à son roadie qui doit attraper ses guitares assez souvent, on a même eu peur pour la dernière. On a aussi eu droit à un passage assez drôle où il joue avec ses effets juste en posant la guitare à terre, ou en équilibre sur un des hauts parleurs au bord de la scène. Comme quoi avec de bons effets, on peut jouer même sans les doigts.

Far Beyond The Sun, Heaven’s Tonight, les classiques sont joués et appréciés d’un public de connaisseurs et passionnés. Un spectateur a même emmené sa guitare et la brandit dans les airs comme son idole, faisant rire Yngwie.

 

Rappel

La guitare acoustique est de sortie pour un solo assez incroyable, encore dans la rapidité et la précision, plus difficiles sur une telle guitare. A faire pâlir n’importe quel guitariste de musique classique. S’enchaîne l’excellent Black Star, et pour finir, l’hymne I’ll See The Light Tonight, joué à une vitesse démentielle, et son riff d’intro redoutable.

On est en 2017, et Yngwie Malmsteem nous régale encore de son jeu formidable, en donnant en plus un superbe show, dans un genre qui peut vite être très ennuyant. Une légende de la guitare encore bien en action, défendant l’immense héritage qu’il laissera dans le monde de la guitare électrique.

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