Les Belles-soeurs
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Critique CD: Les Belles-Soeurs (trame sonore)

Les Belles-Sœurs s’invitent chez vous!

Les Belles-Soeurs
(trame sonore)

Suite au succès incontestable de l’adaptation musicale de la pièce culte du dramaturge Michel Tremblay Les Belles-Sœurs (qui fête cette année ses 40 ans), c’est maintenant au format disque compact de faire ses preuves.

Daniel Bélanger signe la musique de cet incontournable, ce qui donne lieu à un mélange surprenant, combinant les textes salés de Tremblay et les envolées mélodiques de Bélanger.

Avec une pochette aussi classe, moderne et colorée, on s’attend presqu’à ce que ces chères Belles-Soeurs prennent un accent snobinard et un air un peu hautain. Mais… non. Fidèles à elles-mêmes, Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay n’ont rien perdu de leurs racines québécoises.

L’album nous propose 14 pièces agrémentées d’applaudissements et de cris, puisque c’est un enregistrement live de la représentation du 29 mars dernier au Théâtre d’Aujourd’hui.


Défi relevé

Le tout débute de manière énergique avec Gratis, puis surprend avec la voix soprano caricaturée d’Hélène Major (dans le rôle de Lisette de Courval) dans Maudite vie plate. Ensuite, la joie de Germaine et de ses consœurs déboule. Le rythme ralentit et les chansons sont plus dramatiques, notamment avec L’âme noire, La porte d’en avant, Crisse de Johnny ou Maudit cul.

Une chose est sûre : la présence de musique est absolument pertinente. Celle-ci évolue au même rythme que les personnages, nous retransmettant l’émotion de manière à nous toucher davantage qu’une pièce de théâtre « ordinaire » le ferait. Daniel Bélanger et Stéphane Aubin ont relevé le défi (de taille, il faut dire!) de mettre ce classique en musique avec brio.

Le piano, instrument-phare de la trame sonore, procure une atmosphère dramatique et profonde à l’histoire qui, au départ, est plutôt banale et ordinaire.

Les chœurs, de leur côté, viennent enrichir les performances déjà agréablement surprenantes de Marie-Thérèse Fortin, Maude Guérin et Guylaine Tremblay, qui, à la base, ne sont pas chanteuses, mais bien comédiennes.


Contraste entre le joual et le mélodieux

Côté texte, s’il y a une chose à relever, c’est que le joual très cru et prononcé de Michel Tremblay (adapté pour la cause par René Richard Cyr), contraste fortement avec la musique très mélodieuse de Daniel Bélanger. Amoureux de la langue française avec un grand « F », s’abstenir, bien qu’on doive s’y attendre avec Tremblay!

Il faut mentionner que bien que cette bande sonore soit appréciable à sa simple écoute, il semble y manquer une saveur, un élément et il s’agit d’une référence visuelle.

Bien que le livret soit truffé d’images prises au cours de représentations, il semble que l’on aurait l’envie de se trouver en salle plutôt que dans son salon. Ce qui n’est peut-être pas une mauvaise chose après tout!

Enfin, c’est un album à se procurer si on a eu la chance d’assister à la pièce afin de se remémorer la belle soirée qu’on aura passé.

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