PONTEIX
Entrevue Publié le
  • Léa Viens Rédaction Stagiaire à la rédaction

Entrevue avec Ponteix | L’héritage francophone de la Saskatchewan modernisé

Produit francophone des provinces de l’Ouest canadien, le projet rock-indie aux sonorités électroniques du fransaskois Mario Lepage, PONTEIX, lance aujourd’hui son premier album complet, Bastion. Retour avec l’artiste sur un projet très personnel, qui colle à la grandeur de son héritage.

Mario Lepage vient de Saint-Denis, un petit village francophone de la Saskatchewan. C’est là qu’il a grandi, et c’est également à cet endroit qu’est né son intérêt pour la musique. « J’ai passé mon enfance sur une ferme, nos grands-parents habitaient juste à côté et quand ils ont déménagé dans une maison de retraite, ils ont laissé leur maison avec nous. Mes quatre grands frères l’ont baptisée la jam house, ils avaient un genre de band et ils y faisaient des répétitions, des sessions de jam. J’étais le plus jeune et je n’avais pas le droit d’y aller, mais je les espionnais, j’arrivais toujours à m’y faufiler pour aller les admirer » se remémore le musicien.

Profitant de la salle de musique presque toujours vide de son école, le jeune Lepage s’initie au plus d’instruments possibles, et préfère s’attarder à la composition plutôt qu’au perfectionnement. « Je dis toujours que je suis un genre de Jack of all trades but master of none; je ne suis pas un musicien perfectionniste, je préfère me concentrer sur la construction d’une chanson au complet », relate-t-il en riant à l’autre bout du fil.

Influencé par des artistes anglophones comme Radiohead, c’est avec la découverte du groupe Karkwa qu’il entrevoit une possibilité viable de composer et de produire de la musique en français. « En grandissant, on me parlait toujours de Jean Leloup, c’était comme si en musique francophone, il n’existait personne d’autre que lui. Quand j’ai découvert Karkwa, je commençais à faire de la musique et je n’écrivais pas encore, mais ça, ça m’a convaincu à continuer ma recherche dans l’avenue de la musique francophone », explique-t-il.

Une rencontre fortuite

Plusieurs années plus tard, les chemins de Mario Lepage et de Louis-Jean Cormier, le frontman de Karkwa, se croisent alors qu’il fait office de mentor lors d’une session d’écriture pour les francophones, au Centre des arts de Banff, en Alberta. Après une semaine de travail commun, les deux musiciens deviennent amis, et Cormier accepte d’aider Lepage dans son projet. « Chaque fois que je revenais à Montréal, j’allais passer du temps avec lui. Il me donnait des conseils, et il a aussi co-écrit quelques chansons sur l’album. C’était vraiment bien d’être capable de voir qu’il avait un intérêt, qu’il se voyait un peu en moi, raconte Lepage. J’imagine que pour lui, comme les francophones sont minoritaires dans les provinces de l’Ouest, c’était une belle expérience de découverte et qu’il a voulu investir dans quelque chose auquel il croyait », relate-t-il.

 

Un album hommage

C’est donc avec l’aide de Louis-Jean Cormier et d’Anique Granger et Fred Levac, des amis de longue date, que Mario Lepage travaille sur son projet pendant près de 3 ans. Entièrement écrit à Saint-Denis, son village natal, l’album intitulé Bastion se veut un hommage à tout ce qui a façonné l’artiste.

Mon village, c’est un petit hameau d’une centaine de personnes. Au début de l’écriture de l’album, je me suis fait la promesse que j’allais l’écrire dans ma maison là-bas, et au fur et à mesure que ça avançait, j’ai découvert que j’avais une forte relation avec l’endroit. Je me suis beaucoup inspiré des grands espaces, du ciel ouvert de la Saskatchewan… C’est aussi devenu un album qui représente ce que c’est, ce village-là. C’est un bastion francophone, un endroit qui m’a élevé, qui m’a donné ma culture et mon patois.

La pochette de l’album, qui arbore une forme rectangulaire qui s’apparente à la silhouette qu’occupe la province de la Saskatchewan sur la carte du Canada, en est également une représentation.

« Pour moi, le mot « bastion » a plusieurs sens, comme celui d’être francophone minoritaire à l’intérieur de la Saskatchewan, d’avoir été élevé dans un petit village francophone, qui est lui-même un bastion… Cet album, c’est un hommage aux sources de bastion que j’ai dans ma vie », conclue l’artiste.

PONTEIX sera en concert au Ministère de Montréal le 12 avril 2019. Les dates complètes de la tournée et les billets sont disponibles par ici.

 

 

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