Festival de Jazz de Montréal
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Festival de Jazz de Montréal 2018 | Soul, rap et hard bop avec Hannah Williams, Clay & Friends et plus

Sous un soleil de plomb, ce mercredi de festival programmait plusieurs artistes sur les scènes gratuites, dans une ambiance toutefois lourde marquée par l’annulation de toutes les représentations de la pièce SLAV au Théâtre du Nouveau-Monde.

Ce qui est certain, c’est que cette mésaventure du Festival International de Jazz de Montréal (FIJM) aura fait jaser. Dans la salle de presse, le premier sujet de discussion entre journalistes revient très souvent sur ce volte-face du FIJM. Les débats sont cordiaux, parfois argumentés et surtout mesurés. Tout l’inverse du discours de Hua Li au Club Soda où l’artiste montréalaise, jouant en première partie de Random Recipe, se mêla les pinceaux cinq minutes après l’entame de sa performance. Son discours, disgracieux comme l’est le personnage sur scène, se rassurait de l’annulation de la pièce SLAV en traitant au passage à mots couverts le Festival de raciste au lieu de souligner sa capacité à prendre en considération les revendications populaires. À chacun ses méthodes dirons-nous…

 

Passer du blues au jazz, une habitude au Festival

Sur d’autres scènes attrapées au vol durant la soirée, le débat n’est pas réellement apparu sur la place publique. À l’inverse, il y eu à 19h sur la scène Hyundai des réjouissances blues/rock avec la performance de Dwane Dixon, ambassadeur d’un son 60’s – 70’s, revenu au FIJM quatre années après sa dernière venue. Le public à majorité quinquagénaire et souvent affalés sur des transats portatifs, aura été séduit par l’ambiance Midwest d’un guitariste à chemise beige et polygones rouges.

Puis, changement de genre en rejoignant la scène Club Jazz Casino de Montréal à la place SNC-Lavalin pour 20h. Dans le cadre de la soirée Les Brunantes, c’est MTL HB5 qui dévoile un jazz traditionnel à la sauce hard bop dans un décor représentant le pavillon des trompettes. L’ambiance, décontractée, offre un moment de répit aux festivaliers sur cette place, entre Gésu et gratte-ciels. Le quintet montréalais composé d’une contrebassiste, d’un batteur, d’un pianiste, d’un saxophoniste et d’un trompettiste accompagne idéalement vin et huitres sur les tables disposées face à la scène en forme d’arc de cercle.

 

L’improvisation de Clay & Friends et la voix de velours d’Hannah Williams

Le répit à la scène Club Jazz Casino de Montréal est de courte durée puisqu’entre un passage éclair au Club Soda pour Random Recipe et un drink rafraichissant sur le site du festival, c’est retour à la case départ à 22h avec la performance de Clay & Friends. Avenants face à un parterre particulièrement rempli, Mike Clay et ses acolytes musiciens auront fait danser et participer le public sans aucun souci avec leur rap accessible. Magnifié par de l’improvisation sous beat box et une voix féminine appréciée, la scène à la place SNC-Lavalin aura inévitablement vibré ce soir-là pour ce groupe qui progresse à mesure qu’il parcours les scènes locales.


Une soirée vibrante aussi comme pour la scène TD avec la soul de Hannah Williams & The Affirmations. Le groupe anglais venait offrir une heure de soul sur deux sets, l’un à 21h et l’autre à 23h. Avant de rallier les Etats-Unis pour une tournée d’un mois, le public montréalais aura pu apprécier les compositions sucrées du collectif qui présente sur scène en partie le deuxième opus Late Nights & Heartbreak.

* Photo par Valérie Gay-Bessette.

Rythmique soutenue, jeu de cuivres incisif, la chanteuse Hannah est bien entourée en compagnie de ses deux choristes et musiciens originaires de Bristol. Habillée pour le second concert dans un habit à paillette brillant de mille feux, la chanteuse anglaise a particulièrement surpris un public venu progressivement écouter cette voix pure et absolument maîtrisée qui fait son charme et caractère. En tous les cas, la relève des voix magistrales anglo-saxonnes est bel et bien là. Hannah Williams est une artiste groovy à suivre définitivement.

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