Concours musical international de Montréal
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Gala du CMIM 2017 | 15 années de concours en une soirée

Vendredi dernier se tenait le gala du Concours musical international de Montréal 2017, placé sous le signe du souvenir. En effet, le concours, dont l’édition piano s’est terminée mercredi soir, fêtait ses quinze ans cette année. Pour rappel, mercredi soir à la Maison Symphonique, le jury a choisi d’attribuer le premier prix au hongrois Zoltán Fejérvári, le second prix à Giuseppe Guerrera et le troisième prix à Stefano Andreatta. (Consultez notre compte-rendu de cette soirée par ici.)

Après les révélations de mercredi soir, le public attendait impatiemment les résultats des prix spéciaux, au nombre de cinq. Comme une évidence, car c’était le nom que beaucoup avaient sur les lèvres, Giuseppe Guarrera a remporté pas moins de quatre prix spéciaux : le Prix du Public, le Prix Chopin, le Prix Bach, le Prix du meilleur récital de demie-finale et le Prix de la meilleure interprétation de l’oeuvre imposée.

On ne peut s’empêcher de s’interroger sur son deuxième prix au lieu du premier, mais il ne lui aura manqué qu’un peu de recul dans son concerto pour atteindre la dernière marche. Guerrera reste l’un des pianistes les plus marquants de ce concours et ses cinq prix n’en sont que la juste récompense.

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Teo Gheorghui a quant à lui remporté le prix du meilleur artiste canadien : il était de toute façon certain de ne pas repartir les mains vides étant le seul Canadien présent au concours.

Le passé renoue avec le présent

Pour fêter les quinze ans du concours, des anciens premiers prix avaient été invités à jouer avec l’OSM, déjà bien surchargé cette semaine, sous la direction de Claus Peter Flor. Serhiy Salov, lauréat de l’édition piano 2004 s’est produit dans le 1er mouvement du 2ème concerto op.83 de J. Brahms. On retiendra une interprétation très personnelle, un son puissant mais parfois trop maniéré tout en faisant le nécessaire pour plaire au public.

Benjamin Beilman, gagnant de l’édition violon 2010 a quant à lui opté pour l’Introduction et rondo capriccioso op.28 de C. Saint-Saëns dans une interprétation très élégante, sensible et humble. Il est facile de tomber dans la simple démonstration technique mais ce fut loin d’être le cas avec ce jeune violoniste qui s’est arrangé pour toujours accommoder l’orchestre.

La chanteuse Measha Brueggergosman, qui avait remporté la toute première édition du concours en 2002 a interprété deux oeuvres. La première, a capella, Goin’ Up Yonder de R. Walter Hawkins suivie d’un lied de R. Strauss Im Abendot, tiré des Vier letze Lieder. On n’a pu s’empêcher de regretter grandement que le chef d’orchestre et la chanteuse ne se soient pas concertés sur les nuances : nous n’avons que très peu entendu la voix pourtant si raffinée de la soliste, couverte par une masse orchestrale incapable de faire une nuance douce.

En deuxième partie, l’Ouverture de Fête op.96 de Chostakovitch annonçait par du folklore russe le 3ème concerto pour piano de B. Bartok, interprété par le pianiste gagnant de l’édition 2017, Zoltán Fejérvári. Un peu moins en place que mardi soir lors de la finale, le pianiste a tout de même tenu son rang de gagnant en nous emmenant dans son univers, celui de son pays.

La qualité insatisfaisante de l’OSM, à peine capable de jouer ensemble, nous fait nous interroger sur la charge considérable d’oeuvres à monter en si peu de temps et de répétitions. Si le manque d’investissement des musiciens est à souligner, on ne peut cependant s’empêcher de blâmer le chef d’orchestre, très difficile à suivre dans sa battue floue ponctuée de gestes inutiles mais aussi l’organisation du concours qui a imposé un bon six heures de répertoire en quelques répétitions…

* Photos par Brent Calis

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