Guy Nantel
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Critique spectacle humour – Guy Nantel à Montréal: Du stand-up politisé à l’état brut

Mardi 16 février 2010 – Théâtre St-Denis 2 (Montréal)


Depuis hier, Guy Nantel propose sa Réforme Nantel à Montréal , un one-man show dans lequel il rend l’humour politisé accessible au plus grand public possible sans trop tourner les coins ronds, ni employer un ton trop lourd ou moralisateur.

La foule bigarrée qui était réunie au Théâtre St-Denis 2 hier soir en faisant la preuve. Indépendamment de la génération, de la culture ou des convictions de ceux qui le composaient, Guy Nantel tenait habilement le public dans le creux de sa main avec des thématiques pas simples, mais certes universels.

Nul besoin d’un baccalauréat en sciences politiques ou d’un abonnement au Devoir pour saisir où Nantel nous mène, le spectateur se fait savamment brasser les méninges tout en se dilatant la rate et au final, quitte le Théâtre avec l’impression d’avoir été diverti de façon intelligente.

Reformes politique et sociale

Dans la première partie du spectacle, Guy Nantel passe au peigne fin l’actualité politique, d’une hilarante biographie-éclair du Parti Québécois à une énumération des salaires odieux de quelques riches dirigeants pourtant responsables des résultats inquiétants de ce qu’ils dirigent (ou dirigeaient).

« Si on rit, c’est pour pas brailler », laisse entendre l’humoriste lors d’un moment de pur indignation.

C’est pourtant dans la deuxième moitié du spectacle, plus «sociale» que politique, que Nantel nous ébranle le plus.

Après avoir semé l’hilarité la plus générale de la soirée avec une portion plutôt triviale sur l’égalité des sexes , Nantel attaque la religion de plein fouet avec un argumentaire musclé qui crée plus de silences méditatifs que de rires aux éclats.

Tout ça nous mène vers une finale un peu surjouée, mais porteuse d’un message d’ouverture et de mobilisation assez bien réussi.

Stand-up pur

Sur la forme, on peut parler d’un véritable tour de force. À des années-lumières du tappage à la Badouri ou des sketchs à personnages des Grandes Gueules, l’humoriste nous propose plutôt 2 heures de monologue, de réflexions politiques et de constats sociaux livrées d’un trait (en fait, en deux traits, entracte oblige).

Seul devant son pied de micro, on ne peut éviter la comparaison évidente avec un Yvon Deschamps plus orienté vers la politique que les anecdotes d’un personnage col-bleu. Nantel emprunte le côté incisif du groupe Les Zapartistes et l’adapte à du contenu somme toute plus commun, qui nécessite une culture moins poussée pour être appréciée.

Pour rester captivant, le texte se doit d’être ficelé à la perfection, et force est d’admettre que le travail accompli à ce niveau est fort remarquable. Les liens habiles nous transportent d’un sujet chaud à un autre sans interruption, sans changement de numéro ou quoi que ce soit.

La mise en scène, pourtant signée Denise Filiatrault, se fait aussi discrète que possible. Idem pour les éclairages et le décor: 6 faisceaux immobiles, une toile de fond sans animation, rien à signaler.

Inutile de passer par quatre chemins, La Réforme Nantel nous propose tout simplement 2 heures de Guy Nantel à l’état brut, de contenu lourd désamorcé par la bouille sympathique de l’humoriste et son tact pour les gags bien tournés.

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