Josman
Critique Publié le

Josman au Belmont | Sans entracte ni bavures

Josman, de passage à Montréal pour la première fois, a offert un concert à la hauteur des attentes de ses admirateurs, en plus de bénéficier d’une soirée agrémentée de premières parties d’ici et d’ailleurs, performant en toute fluidité.

Le rappeur était accompagné de Eazy Dew, producteur français désormais reconnu, afin d’enchaîner les morceaux de son plus récent projet, 000$, paru en juin dernier. Josman, originaire de Vierzon, dégage quelque chose de très humble quand vient le temps de performer, un mélange entre une assurance indéniable, mais une humilité qu’il ne cache pas. Il est là pour son public, mais semble également être conscient qu’il est sur cette scène à cause de ses fans.

Il ne s’est pas trop fait attendre, précédé d’ailleurs par un court intermède assuré par Quiet Mike, jeune producteur montréalais hautement prolifique dans les temps qui courent, mais ne s’est pas non plus éternisé à créer un contact solide avec son public.

Il n’y avait pas trop de dialogues avec la foule, hormis les classiques remerciements, qui faisaient toutefois amplement le travail. Le public connaissait déjà tellement bien le rappeur qu’il n’y avait nul besoin de présenter l’ambiance de son travail.

Doigt d’honneur, High Life, Dans le Ciel et OK ne sont que quelques-uns des morceaux qui ont été interprétés, tous accueillis avec chaleur et beaucoup de voix criant les paroles à tue-tête. Le Belmont ne deviendra toutefois jamais ma salle de concert préférée, surtout pour le rap, puisque la balance de son met bien rarement en valeur le rappeur. Mais Josman s’en est extrêmement bien tiré.

Il en a également profité pour revisiter les classiques qui l’ont rendu populaires, dont Matrix et Dans le Vide.

Mention aux premières parties

Avant le clou de la soirée, de nombreux groupes se sont passé le micro, venant tant de Montréal que de Paris. LaF, trio maintenant bien connu dans la scène rap underground montréalaise, a ouvert le spectacle avec des morceaux de leur plus récent album Monsieur Madame. La chimie et l’énergie ne manquaient pas, avec une fluidité sur scène qui semblait presque chorégraphiée, sans toutefois que ça n’ait l’air artificiel.

Ils ont laissé la place à Fouki et Quiet Mike. Le duo producteur-rappeur formé par ces deux artistes épate par sa productivité, avec la sortie récente de leur projet Pré-Zay, et par le fait qu’ils se complètent à merveille : Quiet Mike, aussi surnommé le Michel Silencieux, discret, mais indubitablement talentueux, et Fouki qui prend la tête d’affiche avec sa voix qui porte et cette capacité assez désarmante de créer rapidement un lien avec son public. Kevin Nash s’est joint à la partie étant donné ses nombreuses collaborations avec le rappeur du Plateau.

Yaska et Dawan, MC bruxellois vivant maintenant tous deux à Montréal, ont donné une excellente performance, mettant en scène les morceaux de leur plus récent projet 5AM. Avec un rap plus « français » que la norme du rap au Québec, ils se démarquent aisément et produisent des textes et des morceaux d’une grande qualité.

Afro Samurai, du collectif parisien 667, a eu la tâche d’assurer la performance précédant celle de Josman, ayant la foule déjà bien enthousiaste de son côté. Le rappeur ne présentait rien de bien élaboré musicalement parlant, mais côté ambiance, ça y était.

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