Orchestre Métropolitain
Critique Publié le

La symphonie du Jeu vidéo | l’Orchestre Métropolitain hors de sa zone de confort

Un concert très différent de ceux qu’on a l’habitude de voir nous a été présenté par l’Orchestre et le Choeur Métropolitain, sous la direction de la cheffe d’orchestre Dina Gilbert. Plus de cent cinquante personnes sur scène ont joué des morceaux issus de la création vidéoludique à Montréal.

 

Sortir du concert classique habituel

Avec un programme si différent de celui auquel on peut assister avec l’orchestre Métropolitain, on pensait que la surprise s’arrêterait là. C’était sans compter sur le coordinateur artistique Maxime Goulet, qui a décidé de faire vivre au public de la salle Wilfrid-Pelletier une expérience inoubliable.

La scène déborde des 150 musiciens et choristes du concert. Elle est bordée par trois écrans sur lesquels défilent en direct des images des jeux vidéo dont la musique est jouée. De Dragon Age : Inquisition à Jotun, en passant par le jeu d’horreur Outlast ou le décalé Ultimate Chicken Horse, on peut dire que le panel choisi pour représenter le jeu vidéo à Montréal est extrêmement varié. Les présentations vidéos n’ont pas toutes la même forme : parfois des bandes-annonces, parfois des moments de jeu, parfois des vidéos exclusives accompagnent la performance des musiciens et des chanteurs. La cheffe d’orchestre dirige le tout, et fait aussi en sorte que chaque morceau soit parfaitement synchronisé avec la musique.

La motivation qu’ont montré les musiciens tout au long du concert faisait plaisir à voir. En présentant grands sourires et regards attentifs vers la cheffe d’orchestre, ils ont semblé jouer avec plaisir ce programme inhabituel.

La soirée a été animé par Jasmin Hains, chroniqueur pour Radio-Classique et Stéphanie « Miss » Harvey, joueuse québécoise professionnelle du shooter Counter Strike. Malgré leur enthousiasme, les fiches qui leur servaient à animer le concert les ont un peu ralentis, créant quelques moments de flottement entre deux éclats de rire du public.

 

Moments forts et inattendus

Deux joueuses de la team compétitive féminine SailorScouts sont venues jouer en direct à deux jeux indépendants, FEZ et Legends, pendant que l’orchestre les accompagnait brillamment, se calant en direct sur la performance des joueuses. Un crowdgame (jeu de foule) a aussi été créé spécialement pour le concert : tout le public du parterre s’est mis à déplacer un ballon géant pour obtenir des objectifs et éviter des obstacles. On a bien ri!

Le petit discours du président de la Guilde des éditeurs indépendants de jeux vidéo du Québec a mis en valeur ces oeuvres sans budget comparable aux grosses franchises, qui ont été présentées tout au long du concert au même titre que Mass Effect : Andromeda ou Assassin’s Creed. Ubisoft, qui sponsorisait l’évènement, est allé jusqu’à créer une vidéo inédite. À l’occasion des dix ans de la franchise et du prochain jeu qui sortira en Octobre, le studio a mis en avant l’évolution de la saga grâce à une vidéo de dix minutes qui exposait des images des jeux Assassin’s Creed depuis leur création.

Si une chose nous a particulièrement marqué pendant ce concert, c’est l’orchestration des morceaux. La musique de jeux vidéo est souvent composée de manière numérique, avec des sons et non des instruments, mais l’arrangeur musical Benoît Groulx a parfaitement adapté la matière première pour qu’elle colle au dispositif scénique que le public avait sous les yeux. Même la musique 8-bits de Fez a été superbement jouée par l’orchestre. Le choeur métropolitain a également apporté une grande valeur à l’ensemble, donnant à des morceaux épiques leurs lettres de noblesse.

CONSULTEZ ÉGALEMENT NOTRE ENTREVUE AVEC LES ARTISANS DE CE CONCERT !

Le concert sera rediffusé sur la plateforme web twitch.tv.

Événements à venir

Vos commentaires