Festif de Baie-St-Paul
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Le Festif ! de Baie-Saint-Paul 2014 | Jour 1 – Rien à envier aux gros festivals montréalais !

Fondé il y a quelques années par un petit groupe de jeunes très motivés, Le Festif ! de Baie-Saint-Paul célèbre cette année son cinquième anniversaire. On y passe le week-end et on se rend bien compte que notre impression de notre première visite, l’an dernier, demeure égale cette année : ici, on n’a rien à envier aux gros festivals montréalais !

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Déjà, vers 17 h vendredi, un infime trafic commence à encombrer la rue Ambroise-Fafard ; les autos affluent au centre-ville de Baie-Saint-Paul, les festivaliers marchent par grappes vers la scène Desjardins, où se produiront chaque soir au moins trois formations musicales.

Au menu sur la scène extérieure de la première soirée : la jeune Vivianne Garneau-Tremblay, qui a été de la finale régionale de Secondaire en spectacle deux fois plutôt qu’une. Elle a brisé la glace de cette cinquième édition du Festif ! en foulant la scène la première, et c’est la nouvelle coqueluche musicale Philippe Brach qui a ramené sa bouille sympathique pour la suite des choses. Toujours avec la même aisance sur scène, il a jasé pas mal – à l’image du petit attroupement, bavard, qui tentait peu à peu de devenir foule malgré les quelques gouttes que nous ont livré les nuages.

D’une pièce à l’autre, Brach a enchaîné l’excellent répertoire de son premier album, La foire et l’ordre, et la météo était déjà revenue de notre bord pendant T’aurais pas pu nous prendre à deux.

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Philippe Brach. Photo par Simon Dubé.

 

Karim Ouellet et Louis-Jean Cormier

Plus tard, c’est Karim Ouellet qui a suivi avec ses musiciens, avant que Louis-Jean Cormier prenne d’assaut les planches – et les cœurs.

Cormier s’en est donné à cœur joie ; avec la tombée du jour, l’excitation monte en flèche, la foule était manifestement au rendez-vous, les sourires furent unanimes et équivoques. Partout on fredonnait, tête inclinée vers l’arrière, joues offertes.

Après avoir cité son ami Martin Léon au sujet de la formidable capacité de connexion de la musique, qui réunit, Louis-Jean y a été de son petit hommage personnel au festival : « C’est un festival où il fait bon vivre, un festival de hippies, où on est ben… Longue vie au Festif ! », et, il va sans dire, de son laïus à propos des artistes et du public québécois : « Vous êtes des mélomanes, c’est pour ça que vous êtes ici, parce que vous aimez la musique… Eh ben, il faut continuer d’écouter de la musique d’ici de temps en temps… Merci ! »

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« C’est un festival où il fait bon vivre, un festival de hippies, où on est ben… Longue vie au Festif ! », de dire Louis-Jean Cormier. Photo par Simon Dubé.

 

Les Après-Festifs !

La cour d’école où est plantée la scène Desjardins s’est vidée tranquillement, alors qu’on annonçait le reste de la programmation de la soirée, disséminée dans quatre autres endroits à proximité. Les populaires Après-Festifs ! rapidement sold-out bénéficient cette année de l’ajout d’une salle, le Centre communautaire, où se produisaient vendredi Alaclair Ensemble en DJ set et Dead Obies.

Nos pas nous ont plutôt conduits au sous-sol de l’église, où on a été accueillis par un groupe local, Orloge Simard, qui a ouvert le feu pour Cou Coupé, un projet hétéroclite mené par Jacques Bertrand Junior auquel le prolifique Navet Confit s’est greffé. Sept musiciens, dont trois femmes, nous ont brassé la cage allant du plus jazzy au carrément punk, avec une section cuivres assez sensationnelle merci.

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Cou Coupé (feat. un Jésus en sueur). Photo par Simon Dubé.

Pendant leur office, Jésus désapprouve en suant autant que nous sur sa croix – on apprécie la nouvelle disposition de la salle et on remercie les organisateurs d’avoir pensé installer dès le premier soir un ventilo pour tempérer ne serait-ce qu’un peu la débandade.

Le sous-sol s’emplit au même rythme que le 26 onces se vide sur scène… Un moment,  l’alarme de feu retentit, les yeux paniqués des gardiens de sécurité ne durent qu’un instant ; tout va bien, sûrement l’œuvre d’un petit comique en boisson, et les joyeux lurons sur scène ne se rendent compte de rien, continuant leur heureux tintamarre à grands renforts de cuivres. Si bien que l’alarme participe presque de la musicalité, et que ça sonne même un peu étrange quand elle s’éteint, après 2-3 tounes.

Pour clore cette nuit de festivités, le Quebec Redneck Bluegrass Project finit d’achever les fidèles alors qu’il doit faire 2000 degrés, que le sol se dérobe sous nos pas glissant dans les flaques de bière. Le party ne pourrait être plus pogné : ça trashe, ça donne dans le rigodon nouveau genre, on a presque envie de sortir notre bonne vieille gigue. Les musiciens, alignés côte à côte sur scène dans un gros fun noir, on les acclame, pis y a du bonheur en forme de musique qui se passe ici-dedans, y a pas à dire.

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Québec Redneck Bluegrass Project. Photo par Simon Dubé.

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