System Of A Down
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Rockfest 2015 – Jour 2 | System of a Down, Slayer, Tenacious D et autres

La dernière journée du Rockfest 2015 aura finalement été quasi parfaite : température plus que clémente, achalandage qui semble encore plus grand que la veille, un line-up à tout casser et un horaire respecté à la minute près.

En fait tout aurait été parfait n’eut été de l’odeur des vidanges qui cuisaient au soleil à certains endroits.

Et surtout d’un tragique accident de grande roue survenu alors que Thrice jouait. Un accident qui n’attendait que d’arriver vu le fait que tout le monde qui entrait dans la grande roue située à la sortie de site avait la brillante idée d’essayer de faire flipper sa cabine. L’inévitable est arrivé : la barre de sécurité d’une des cabines a cédé sous la pression et deux personnes sont tombées quelques mètres plus bas. On espère de tout cœur qu’ils vont bien.

Fin du bout sensationnaliste, retour à la musique.

 

SYSTEM OF A DOWN

Les adorés Arméniens de SOAD s’arrêtaient à Montebello pour clore une mini tournée de quelques spectacles nord-américains entamée il y a quelques semaines. Tournée qui visiblement sert à plaire aux fans d’antan plus qu’elle ne sert de réelle réunion.

Parce que les gars, bien qu’ils aient l’air de beaucoup s’amuser, ne semble pas avoir la flamme qu’ils avaient dans leur jeune temps.

Ils ne sont pas à leur plus « tight », probablement justement dû au fait que ce n’est qu’une petite tournée et qu’ils n’ont donc pas eu le luxe de se roder énormément, certaines intros improvisées (sur Question !, Radio/Video, Lost in Hollywood entre autres) sont un tout petit peu échappées et Daron se permet de critiquer certaines anciennes compositions.

Exemple, en débutant Cigaro, il chante « Can’t you see how stupid this song is. »

Mais au-delà de ça, les mille et une voix de Serj Tankian et sa performance scénique sont béton, tout comme l’est le setlist qui pige dans toute la discographie du groupe.

Chop Suey!, Toxicity, Aerials, Honey, Revenga, Lonely Day, Prison Song et autres morceaux marquants de années 1990-2000 ont réussi à aller chercher toute l’énergie qui restaient dans les milliers de festivaliers qui avaient pourtant passé un rude weekend.

*Juste avant que System ne commence son set, la foule a eu droit à des feux d’artifice. Genre 5 feux d’artifice. Quel moment grandiose.

 

SLAYER

Ça fait plusieurs fois que Sors-tu.ca couvre un spectacle de Slayer depuis quelques années (l’an passé au Heavy MTL entre autres), il devient donc un peu complexe de ne pas nous répéter.
Parce qu’un groupe avec autant d’expérience que Slayer est par définition très constant. Et leur choix de chansons en mode festival est toujours à peu près le même.

Seule affaire qui change c’est que cette fois-ci, ils ont un album en préparation.

 

TENACIOUS D

Photo par Karine Jacques

Photo par Karine Jacques

Le duo formé de Jack Black et Kyle Gass était clairement un des groupes les plus attendus du festival. Peut-être pas en terme de popularité, mais en terme de loyauté des fans en tout cas, mets-en.

Chacune des chansons qu’ont jouées les D ont été entonnées à l’unisson par toute une foule qui reproduisait même jusqu’à chaque mouvement de chorégraphie.

Seul morceau qui n’a pas fait chanter le public est une formule courte de la vraiment très conne toune qu’est Simply Jazz. On dit « courte » parce qu’en réalité, la pièce de jazz fusion occupe l’entièreté d’un vinyle que le groupe a sorti pour le Record Store Day d’il y a quelques ans.

Mentionnons que Simply Jazz est composée de solos de flûtes, de scat et de Jack Black qui chante « 14 hours of non-stop jazz ».

Les D se sont par contre étirés un peu, ce qui fait que pendant leur dernière pièce, Slayer avait déjà débuté.

Pas le genre à être vexé, Black a simplement changé toutes les paroles de Fuck Her Gently par « Slayer ».

 

REFUSED

Les rois suédois du post-hardcore donnaient l’une des très rares prestations depuis la sortie de The Shape of Punk to Come, et ils l’ont donnée avec beaucoup d’entrain.

Et par « entrain », on veut dire que le drummer frappe ses tambours avec la même force que la foudre frappe le sol, pis le chanteur se déhanche comme un Mick Jagger du punk.

Le seul point qui joue un peu en défaveur de Refused est que comparé à bien des groupes invités au Rockfest cette année, leur musique est assez cérébrale et la foule reste donc un peu plus stoïque qu’elle l’était lors de, disons, Parkway Drive.

Ça n’a pas empêché Refused de s’amuser (en rendant un petit hommage à Slayer, entre autres) et de faire passer un message clair : Les femmes ne sont pas assez représentées dans le monde de la musique.

Dennis Lyxzén a donc entretenu la foule sur le besoin d’avoir plus de femmes dans le monde du rock et qu’il était temps que le milieu s’ouvre l’esprit.

Évidemment, c’est facile de chialer sans faire l’effort soi-même, hein, mon Dennis. On te fera remarquer que vous êtes 5 gars dans ton band.

 

SNOOP DOGG

Photo par Karine Jacques

Photo par Karine Jacques

Snoop D-O-double-G, en mode festival, est pas mal plus un entertainer qu’un rappeur.

Bien sûr, il fait ses grands classiques (Gin & Juice) et ses versets invités sur tellement de pièces maîtresses du rap (Still D.R.E), mais il se laisse pas mal aller aussi à simplement faire jouer une pièce en arrière-plan pendant qu’il fume un pétard.

Et parfois, ce sont même des pièces qui ne sont aucunement de lui, genre I Love Rock N’ Roll de Joan Jett.

Mais en même temps, c’est Snoop Dogg, le gars peut bien faire ce qu’il veut.

 

RANCID

Photo par Karine Jacques

Photo par Karine Jacques

Mené par un Tim Armstrong méconnaissable avec sa barbe, Rancid ont eux aussi opté pour la formule « on va vous jouer un album au complet ». Cette fois, c’est Out Come the Wolves qui a eu le traitement.

Pour un spectacle d’après-midi, faut dire que la foule était impressionnante pour les vétérans du punk, qui n’ont pas manqué de remercier leur public d’être là.

Et de chaudement remercier l’organisation du Rockfest, y allant d’un ô combien senti  » And thanks to Alex Martel, whoever you are. »

Ils ont aussi salué au passage leurs vieux amis montréalais de The Prowlers, au grand enchantement des nostalgiques de la scène locale.

 

GOGOL BORDELLO

Photo par Karine Jacques

Photo par Karine Jacques

Eugene Hütz et sa gang de gipsys punks ont réussi à faire danser un paquet de monde qui devait se remettre à peine de leur veille.

Un exploit réalisé grâce à l’énergie hyperactive de Hütz lui-même, de la bouteille de vin pleine qu’il tient dans ses mains en jouant, de ses deux autres acolytes chanteurs/danseurs et d’un groupe qui contient à peu près tous les instruments du monde.

Parce que des fois more is more.

 

FLOGGING MOLLY

C’était la formation toute désignée pour précéder Gogol Bordello. Excellent choix dans l’alignement des groupes de la part du Rockfest en passant pour cette dernière journée.

Fait que sous le soleil québécois, on a eu droit à un peu d’Irlande et de ses merveilles.

Merveilles incluant l’accent de Dave King, quelques pas de gigues, des rythmes de bodhrán et l’hymne officiel de tout le monde qui fait semblant d’être Irlandais pour se donner bonne conscience en se saoulant à la St-Patrick: Drunken Lullabies.

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