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Saison 2018-2019 du Théâtre Outremont | Que du meilleur en arts vivants pour un public cible de tous âges

Le Théâtre Outremont, qui a connu ses années de gloire avec le cinéma d’auteurs, est l’une des plus belles salles patrimoniales de Montréal. Un bijou. Pourtant, si ce n’avait été de la relance du directeur artistique sortant, le comédien Raymond Cloutier, qui a apporté un nouveau souffle à ce théâtre moribond, après des années de sous-utilisation par la Ville de Montréal qui en est propriétaire, nous n’en serions pas aujourd’hui devant la riche programmation qui vient d’être annoncée.

* Photo d’entête par Victor Diaz Lamich

C’est Marie-Claude Tremblay qui est devenue la programmatrice du Théâtre Outremont, mais le titre de directrice artistique lui conviendrait mieux. Elle faisait partie déjà de l’équipe, entre autres pour la section jeunesse. La saison actuelle, sauf pour quelques exceptions, ne sera pas la dernière concoctée par Raymond Cloutier, mais bien sa première à elle. « En grande partie, on a dû forger la programmation assez rapidement après le départ de Monsieur Cloutier », tient-elle à préciser.

Avec son background d’artiste, soit une formation de comédienne au Conservatoire d’art dramatique de Québec et des études poussées en musique numérique à l’UdM, Marie-Claude Tremblay a même fait paraître un album en 2012. « Le Théâtre Outremont est devenu pluridisciplinaire, indique-t-elle, avec surtout des artistes d’ici mais d’autres aussi venus d’ailleurs. Cette année, on apporte le jazz et la danse, pas autant que je le voudrais en quantité, mais ça viendra. C’est mon rôle d’être cohérente, de planifier des séries qui se tiennent, et de créer des liens artistiques forts. »

 

Grande variété à la programmation

Il y aura de tout pour tous cette année, avec 58 spectacles grand public en arts vivants : musique et chanson, théâtre et littérature, danse, cirque et humour. Neuf festivals associés, parmi lesquels le Festival International de la Littérature (FIL) et le Festival International du Film sur l’Art (FIFA). Deux séries originales, soit les Mardis métissés, avec entre autres le Noubi Trio et son premier album, et la série Mile-Out avec des artistes issus de la scène indie, comme MIEN ou encore Le Couleur, un trio électro-pop, et Chances qui marie pop-indie, électro et chants du monde aux multiples influences.

* Le groupe Le Couleur. Photo par Loïc Fortin.

Quant à la programmation jeune public, elle rassemble 18 spectacles en arts vivants, huit films sur grand écran, et plusieurs autres propositions fortes et variées. À quoi s’ajoutent la série Les dimanches en famille, et la Soirée ado du 28 novembre, avec Je suis William, un texte de Rébecca Déraspe mis en scène par Sylvain Scott, et donnant la parole à Margaret Shakespeare, 13 ans, qui se trouve à être la sœur du grand Will à une époque où les femmes sachant lire et écrire étaient considérées comme des sorcières et punies conséquemment.

Des petites ou moyennes compagnies artistiques, comme le Théâtre de Quartier, le Théâtre Bluff, L’Activité, Voyageurs immobiles, La Fille du laitier, The Gottabees, Mobile Home, le Théâtre de La Petite Marée, le Théâtre Bouches décousues, La Marche du Crabe, Le Gros Orteil, L’Aubergine, le Cirque Le Roux ou encore les Créations Estelle Clareton, toutes à l’affiche cette saison, seront reçues à bras ouverts dans leur discipline respective.

Et la programmation de l’Outremont, mythique salle de 800 places, n’est pas non plus en manque de gros noms : Daniel Bélanger, Guillaume Wagner, Safia Nolin, Émile Proulx-Cloutier, Danielle Oddera, Yves Léveillé, Pierre Lapointe, Yves Duteil, Kathleen Fortin, Manon Brunet, et même Zachary Richard en concert intime, tous seront présents au cours de cette saison.

* Daniel Bélanger. Photo par Marc-André Mongrain.

Bon nombre d’événements spéciaux se verront également alignés : Formidable ! Aznavour — L’histoire d’une légende avec  Jules Grison dans le Paris de La Bohème; La Renarde, sur les traces de Pauline Julien, chanté par neuf femmes artistes comptant Fanny Bloom et Frannie Holder; Les quatre saisons d’André Gagnon, chanté avec son si beau talent vocal par Kathleen Fortin, accompagnée par le pianiste Stéphane Aubin.

Autres spectacles incontournables : Petits carnets du rien-pantoute, un recueil de pensées existentielles publié récemment chez Planète rebelle par le grand comédien Marcel Sabourin qui en interprétera l’essence; Mon voyage en Amérique, de la doyenne Kim Yaroshevskaya, qui sera raconté par une comédienne que tout le monde aime, Pascale Montpetit; et enfin, Le piano muet, un conte émouvant de Gilles Vigneault, livré avec le concours de la Société de musique contemporaine du Québec et du compositeur Denis Gougeon.

Une programmation donc qui ratisse large, entre Jacques Brel et Thus:Owls, ce duo venu de la scène alternative dont les chansons pop et rock, selon le programme, « sont réfractées à travers des lentilles de bruit libre, de punk-rock et de précision jazzistique ».

N’en déplaise à Thus:Owls, la soirée avait commencé avec la lecture très touchante par Danielle Oddera de la toute dernière lettre écrite par Jacques Brel à son amie Clairette, la sœur de la chanteuse. L’aînée savait avec force discernement afficher le talent des nouveaux artistes avec sa célèbre boîte à chansons Chez Clairette. Brel, qui est mort en 1978, terminait son ultime lettre en signant : « Ton vieux Jacques ».

De tout pour tous, disions-nous.

Photo par Victor Lamich Diaz

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