Pierre Lapointe
Critique Publié le

FrancoFolies 2017 | Pierre Lapointe présente Amour, délices et orgues, littéralement

Lorsque vous recevez un programme de la dame qui vous attend à la porte de la Maison symphonique, vous savez immédiatement que ce ne sera pas un spectacle de musique populaire standard.  En doutait-on? Pas du tout. Cette année, dans le cadre des Francofolies, Pierre Lapointe nous présentait Amours, délices et orgues. Un nouveau spectacle concept mis en scène par la comédienne Sophie Cadieux.

Ce «Barbara québécois» a su s’entourer de complices et ils ont été utilisés tout au long du spectacle. Tantôt musiciens, tantôt comédiens, tantôt éclairagistes et même parfois transporteur de décor, ses alliés·es n’ont pas chômé. C’était une belle idée que de les avoir inclus sur la scène. Cela a contribué à donner un côté très familial à la soirée.


Dans cette proposition, qui mélangeait autant la danse contemporaine avec Frédérick Gravel que le design avec Matali Crasset (en collaboration avec les finissants en design de l’UQAM), il y avait une promesse : la promesse de trois mots simples.

Amours

De l’amour, il en a eu. Le chanteur a ouvert en spécifiant qu’il avait envie de le faire à chacune des personnes qui étaient présentes. Dans le dépliant de présentation, il a écrit : « Souviens-toi que je t’aime et surtout, n’arrête jamais de m’aimer.». Il est impossible de passer sous silence l’excellent acrostiche fait par Sophie Cadieux dans ce même programme basé sur la phrase «Pierre est amour».

Les vrais gars, ceux qui conduisent des gros camions et qui étaient présents, ont eu eux aussi droit à beaucoup d’amour. Il les a obligés à se fermer les yeux et de s’imaginer en train de baiser avec un autre homme. Il nous a avoué son amour pour le hockey et aussi, pour les marteaux. Ces exercices métaphoriques ont été utiles pour mettre en lumière la difficulté de vivre avec des stéréotypes qui nous collent à la peau.

Délices

Le délice a pris tout son sens dans ses chansons. Il en a profité pour réarranger quelques-unes de ses anciennes, mais aussi de ses plus récentes. Nous avons eu droit à L’étrange route des amoureux, La sexualité, et Tel un seul homme. Deux reprises se sont glissées dans la proposition, c’est-à-dire Fier d’être gay, traduction française de Glad to be gay de Tom Robinson, et La solitude de Léo Ferré.

Le délice était au rendez-vous aussi dans ses monologues. Les textes, très bien écrits par Étienne Lepage et très bien rendus par Pierre Lapointe, nous racontaient des histoires du quotidien parfois drôles, parfois philosophiques, parfois absurdes, parfois un peu longues, mais très bien jouées.

Orgues

L’orgue de la Maison symphonique flotte là dans les airs par sa beauté et son imposante présence. Jean-Willy Kunz, organiste de l’Orchestre symphonique de Montréal, fût présent pour accompagner sur quelques chansons : une belle utilisation de cet instrument grandiose. Pierre Lapointe a eu la joie de se faire accompagner par Vincent Legault à la guitare et aux séquences, et par Florence Blain Mbaye au hautbois.

Une soirée réussie à la hauteur de celui qui nous habitue à des propositions ludiques et monumentales. Un pari gagné pour cet artiste qui malgré sa popularité grandissante reste humble et très fidèle à ce qu’il est. Un spectacle à voir si jamais vous vous cherchez encore des plans pour commencer le week-end, ou bien pour un samedi soir de sortie.

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